AÏe
Cridacompany
Parler de la Cridacompany c'est parler de Jur et Julien, de l'exode comme mode de vie, de « l'indisciplinarité » comme processus artistique. Ça s'échappe toujours... Alors « qui sont-ils ? » n'est pas la bonne question, ni même « où vont-ils ? » « que font-ils ? ». Ils traversent simplement l'espace et le temps, comme on le dirait d'un chemin, sans jamais pouvoir réellement s'arrêter. Et s'ils font une ’’pause’’, c'est pour quitter le cirque et s'essayer à d'autres formes comme s'il s'agissait de penser, de photographier, de chanter, de capter une expérience du monde... La dernière fois que je les ai vus, ils avaient délaissé l'anglais pour l'onomatopée ’’Aïe’’, juste après On the edge. Et qu'ai-je vu ? Ou plus exactement qu'ai-je entre aperçu de cette nouvelle création en cours d’élaboration ? Des bribes, des bouts de numéros comme autant d'osselets à prendre au pied de la lettre, sans chercher à se précipiter, à se raconter une histoire qui n'existe pas encore... Le rapport était déjà ouvert, frontal, total.... Aïe comme le bruit sourd d'une chorégraphie de sabots de bois… Aïe comme un concert sauvage à l’orée d’une forêt pas encore désenchantée…
Henri Devier