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L’Esthétique de la folie

Melkior Théâtre

En octobre 2011, Eric Da Silva et le Melkior Théâtre sont invités à participer à la performance « L’Esthétique de la folie », orchestrée par Alberto Sorbelli, au Générateur.

Œuvre non théorique et non pédagogique, « L’Esthétique de la Folie » propose un face à face entre deux troupes de théâtre qui jouent simultanément leur propre spectacle avec « Les chiens nous dresseront » par la compagnie In Cauda et « L’anniversaire » par le Melkior Théâtre.

Deux conférenciers Emmanuel Hermange, critique d’art et Thomas Schlesser, historien de l’art, s’engagent dans cette joute générale en discourant sur la folie, l’histoire de l’art, la situation théâtrale qui se développe in situ.

[Extraits]

« Action ! La performance se joue d’elle-même… »

« Que signifie la performance quand elle entre dans une salle de spectacle ? Peut-on transgresser et prétendre s’affranchir des règles du spectaculaire quand le public est convoqué ? Y a-t-il encore une esthétique de la performance liée à l’excès et comment s’exprime-t-elle ? »

À cet égard, l’Esthétique de la folie d’Alberto Sorbelli offre une tentative extrêmement intéressante. Deux spectacles s’y croisent, et deux conférenciers.

Pris entre différents foyers d’actions, dans une salle ayant renoncé à toute configuration spectaculaire, le spectateur n’a d’autre choix que de circuler entre les quatre pôles d’attraction. De se laisser prendre au théâtre épique de Godefroy Ségal (Compagnie in cauda), et la belle énergie de sa chorégraphie des corps, ou entrer dans « l’Anniversaire »performatif de Éric da Silva (Melkior Théâtre), tout en écoutant la conférence en forme de commentaires ironiques de l’impassible historien d’art Thomas Schlesser. Lequel rappelle, pince sans rire, que prétendre aujourd’hui à la subversion avec des jets de liquide rouge et de la nudité ne fait que vous inscrire dans un certain mainstream de l’art contemporain… Tandis que face à lui, l’autre conférencier, le critique d’art Emmanuel Hermange décline, conférence, imperturbable, ses analyses.Voir, entendre, à 360° et dans la confusion ; triturer le discours sur l’art et la tentative artistique ; inviter un théâtre épique hérité des drames historiques sur la scène de la performance ; jouer de l’autodérision du genre : c’est au travers de cette tentative qu’Alberto Sorbelli rend son hommage à Érasme et à Foucault dans cette Esthétique de la folie. En nous mettant face à notre zapping, en « feignant d’être l’organisateur » de ce chaos où dans l’éclatement en pôles d’action et de parole, la rencontre se produit… ou non.

Esthétiques de la folie est un travail d’interférences, qui sans cesse, se refuse à captiver le spectateur. Qui le laisse à son choix : que voir, qu’écouter ? Céder à l’action hypnotique du Melkior théâtre ou à son contrepoint critique ? Écouter ou voir ? Se laisser happer ou choisir la distance ? Le travail trouve parfois ses limites dans les creux de l’action : une fois séduit par le processus et la distribution, on se prend à errer, en manque d’une impossible concentration sur un pôle d’attraction. Mais n’est-ce pas précisément là, dans cette force centrifuge qui nous éloigne sans cesse d’une écoute pour nous en proposer une autre, que réside l’esthétique de la folie ?

Photos :
Esth (1), (2), (3) : © Manuel Devier
Esthetique (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7) : © Manuel Devier

Au Générateur de Gentilly. Le FRASQ se poursuit jusqu’au 30 octobre.
www.frasq.com
Valérie de Saint-Do @ 18 octobre 2011
www.microcassandre.org

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